Beau recueillement à Trets pour la commémoration du Génocide Arménien


Ce lundi 25 avril 2022 avait lieu la cérémonie commémorative du Génocide Arménien de 1915.
Monsieur le Maire, les Élus du Conseil municipal ainsi que les Élus du Conseil Municipal des Jeunes étaient aux côtés de Maryse CUIFFARDI-FERMANIAN, fille de rescapés et Guy FERRETTI, Président du Comité de Jumelage, pour honorer la mémoire des arméniens massacrés il y a plus d’un siècle.
Une cérémonie à laquelle se sont associés Madame la Députée Anne-Laurence PETEL, Madame la Conseillère départementale Béatrice BONFILLON-CHIAVASSA et le Maire de Châteauneuf-le-Rouge Michel BOULAN.
Les Anciens Combattants de Trets ainsi que la Légion Étrangère et le Souvenir Français avaient tenu à participer à cette cérémonie chère au cœur des Tretsois.
Après la cérémonie d’intercession célébrée par le Père Der Dertad Bazikian, prêtre de l’église arménienne, Maryse CUIFFARDI-FERMANIAN et Monsieur le Maire ont prononcé un discours.


Discours de Maryse CUIFFARDI-FERMANIAN, fille de rescapés du génocide arménien :
Paul Valéry disait « la mémoire est l’avenir du passé ».
L’histoire douloureuse des Arméniens s’est écrite, dans sa violence la plus extrême, en Avril 1915.
La qualification de crime contre l’humanité qui a concerné tous les Arméniens ne saurait être effacée par le temps.   En ce sens, la mémoire collective ne différencie ni le lieu ni le peuple ; elle est constitutive de la notion d’humanité.
Au pied de l’Ararat biblique, sur cette terre d’Ourartou où leur présence est attestée depuis près de 3000 ans, les Arméniens ont façonné une culture des Lumières.
A l’apogée de sa grandeur, l’Arménie s’étendait de la mer Caspienne à la Méditerranée.
Elle devient, en 301, le premier état chrétien.
L’alphabet arménien inventé par Mesrop Mashtot en 404 permet d’asseoir une identité forte à laquelle se réfère, encore aujourd’hui tout arménien.
Dans ce qui était devenu l’Empire ottoman, les Arméniens seront réduits à une minorité chrétienne sur leur terre ancestrale.
Mis en alerte par les pogroms perpétrés par le sultan Abdul Hamid en 1894- 1896, suivis en 1909 par les massacres Hamidiens, les Arméniens ont vu leur population se réduire   tragiquement.
Prémices du Génocide de 1915.
Dépourvus de leurs possessions européennes, après de cuisantes défaites, les ultra nationalistes Turcs, assurés du soutien de leurs alliés Allemands, planifient l’extermination de leurs minorités chrétiennes.
Le signal est donné le 24 Avril 1915 par l’arrestation à Constantinople de ce qui constituait l’élite intellectuelle Arménienne, et l’avancée dans les provinces d’Analolie s’est poursuivie ; Kharpert , Moush, Dyarbakir, Erzeroum, Van et bien d’autres…
Détruisant les milliers d’églises et de cathédrales, monastères et cimetières, témoins de cette civilisation riche d’une architecture unique, annihilant l’existence de 1 500 000 hommes, femmes et enfants.
Il fallait effacer toute trace des Arméniens.
Le monde savait….
Les témoins ce cette destruction massive étaient nombreux en 1915.
Diplomates, médecins, écrivains, journalistes, ont dénoncé l’horreur qui se déroulait sous leurs yeux.                   
D’autres ont été des complices muets atteints de faillite morale.
17000 soldats et officiers allemands sur place, ont assuré un soutien militaire très actif.
Consul des Etats Unis à Kharpert, Leslie Davis, le 30 Juin 1915 écrit « suite aux déportations des Arméniens, la province, en termes de commerce et de manufactures, va revenir au moyen âge. Selon les statistiques officielles, 90% des transactions commerciales et des affaires étaient le fait de banques détenues par les arméniens ».
Indéniablement, la Turquie s’est relevée de ses tourments économiques à partir de l’expropriation des biens des Arméniens acquis au fil des siècles au prix d’un dur labeur et d’efforts constants.
Aujourd’hui encore, l’état turc se veut négationniste poursuivant ainsi le mensonge d’un état qui refuse de faire face à sa responsabilité et la réalité de son histoire.
Messieurs les gouvernants de la Turquie moderne, cessez d’insulter la mémoire des arméniens qui sont morts sous les gouvernements qui vous ont précédés : vous n’êtes pas responsables de ce Génocide !
Cependant, la négation, plus d’un siècle plus tard des actes de vos prédécesseurs, vous rend complices, par défaut, de ce qui est un Génocide parfaitement planifié et assumé par les criminels de cette époque.
Les archives existent : ouvrez-les !
De même, la responsabilité des états souverains qui plient devant les exigences de la Turquie menaçante est abyssale !
Jusqu’où la Turquie peut-elle se permettre de jouer avec la falsification de l’histoire ?
Les survivants de cette tragédie qui sont nos pères, nos mères, nos grands-pères, nos grands-mères, débarquaient en France au début des années 20 en qualité de réfugiés, munis du titre « NANSEN » et d’un passeport portant la mention « SANS RETOUR POSSIBLE ».
Ces apatrides, acculés en un espoir obstiné en la France qui, seule, demeurait dans leur imaginaire une figure émancipatrice, bien qu’elle les eut abandonnés par 2 fois.
Ce résumé succinct de la dispersion mondiale des Arméniens restés en vie et en charge de leurs morts, aura permis, certes, de reconnaître, dans notre temps présent, les processus diplomatiques où se combinent et s’agencent, sans contradiction, la liquidation des uns et le bénéfice des autres ?
Le récit Arménien, hélas se poursuit.
Après plus d’un siècle, l’Arménie aujourd’hui est menacée de disparition
A l’automne 2020, l’Azerbaidjan a lancé une offensive de guerre sur le territoire convoité du Haut Karabagh, dans un silence assourdissant du groupe de Minsk et de la communauté internationale.
La fragilité des accords de paix, le courage des combattants arméniens, n’ont pas pu éviter les pertes humaines importantes et le découpage de cette région intrinsèquement arménienne.
Hommage et soutien aux Arméniens du Haut Karabagh.
Nous sommes tous, arméniens du Haut Karabagh et tous les Arméniens de ce monde, orphelins de nos ancêtres et dépositaires d’une mémoire collective éternelle.
La France est notre patrie
L’Arménie est notre héritage
Je finirai par le poème de Hovannès Shiraz
Nous étions en paix dans nos montagnes
Vous êtes venus comme des vents fous
Nous avons fait front comme nos montagnes
Vous avez hurlé comme des vents fous
Éternels nous sommes comme nos montagnes
Et vous passerez comme des vents fous”
Seul le prononcé fait foi

Discours de Pascal CHAUVIN, Maire de Trets :
Voici plus d’un siècle survenait le premier génocide du 20ème siècle et il frappa les populations arméniennes.
Cette tragédie absolue s’inscrit dans le sombre destin qui semblait poursuivre le peuple arménien sur sa route endeuillée.
D’avril 1915 à juillet 1916, un million et demi d’arméniens ont péri.
Un peuple millénaire et industrieux, qui avait contribué à la prospérité de l’Empire Ottoman, subit une tentative d’anéantissement méthodique, organisée.
Les Arméniens ont été mis à mort, en tant que peuple, car ils étaient fautifs d’être enfants d’Arménie.
Car ils incarnaient une minorité ethnique et chrétienne, donc une différence.
La spécificité des génocides, c’est de considérer qu’on est coupable d’être soi-même.
C’est pourquoi la France attache une telle importance au travail de mémoire et d’histoire.
Depuis la loi du 29 janvier 2001, « la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 », dont l’existence est avérée par des faits depuis longtemps établis par les historiens.
Mais la loi ne suffit pas à entretenir le souvenir et la connaissance historique.
En instaurant cette journée de commémoration, la France entend contribuer à faire reconnaître le génocide arménien comme un crime contre l’humanité, contre la civilisation.
Chaque année, nous rendons désormais hommage, aux morts, aux martyres, à ce peuple qui dort sans sépulture.
Dans sa dispersion, le peuple arménien a su s’intégrer harmonieusement et apporter le meilleur de lui-même, tout en restant attaché à sa langue, à sa culture, à ses traditions et à sa foi.
Chassé de sa terre, persécuté pour sa fidélité à sa croyance religieuse, le peuple arménien a su s’adapter aux épreuves et aux incertitudes.
Mais nous rendons aussi hommage aux survivants et à ceux qui leur ont porté assistance.
A ceux qui ont essayé de reconstruire l’Arménie, ne serait-ce que dans leur cœur, quand ils étaient contraints à l’exil.
Cette journée porte aussi la voix de ceux qui ont hérité du silence, en découvrant, parfois très tardivement, qu’ils étaient arméniens.
Leurs ancêtres s’étaient convertis pour sauver leurs familles.
Plus d’un siècle après, ils sont de plus en plus nombreux à retrouver les traces de leur histoire familiale.
A comprendre qui ils sont, et d’où ils viennent.
Cette journée de commémoration nous offre aussi l’occasion d’exprimer notre affection et notre reconnaissance à tous ces enfants d’Arménie, devenus fils et filles de France.
La France et l’Arménie ont tissé des liens d’amitié millénaires qui étaient, bien sûr, fondés sur le christianisme, mais aussi sur les idéaux de 1789.
Beaucoup d’Arméniens étaient francophiles, et francophones.
Après le génocide, c’était donc l’honneur de la France de leur ouvrir les portes de notre pays, dont ils connaissaient et partageaient les valeurs.
Nombre de rescapés du génocide arménien se sont engagés dans la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale.
Leur souvenir du génocide était encore à vif.
Je pense évidemment à Missak Manouchian et à ses camarades.
Le 21 février 1944, dans sa dernière lettre, Manouchian écrivait : « Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement ».
Comme beaucoup d’écoliers français, j’ai le souvenir, sans connaitre alors leur histoire, leur destin, du visage de ces héros sur la célèbre Affiche Rouge reproduite dans nos manuels d’histoire.
Les mémoires de la France et de l’Arménie se sont ainsi en partie confondues.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Arméniens ont participé à la reconstruction de la France, par leur travail.
La France, pays ouvert aux mains tendues
La France, terre d’espérance, dont leurs ancêtres espéraient qu’ils pourraient un jour fouler le sol.
Ils ont contribué et ils contribuent à son rayonnement culturel, intellectuel.
Je pense aux réalisateurs Henri Verneuil et Robert Guédiguian, à Michel Legrand et à Charles Aznavour dont les chansons coïncident si souvent avec nos vies dans ce qu’elles ont de plus joyeux ou de nostalgique.
Je pense à tous nos proches, nos amis, d’origine arménienne qui n’oublient rien de leurs origines ni de leur histoire mais qui s’engagent pour bâtir une France forte, diverse et fraternelle.
Cette journée de commémoration du génocide arménien, nous en sommes convaincus, est une journée de paix.
Elle n’est célébrée au détriment d’aucun peuple, d’aucune nationalité.
Nous sommes fiers à TRETS de compter une belle et grande communauté arménienne.
Une communauté discrète, mais au combien investie, volontaire, travailleuse, entreprenante.
Et des liens créés depuis 2012 avec la ville de AGHAVNADZOR pour laquelle nous avons une pensée.
Organiser cette journée de commémoration, c’est signifier que le combat contre la barbarie nous concerne tous.
Il est un combat contre une tentation humaine dont l’histoire récente démontre que des peuples entiers peuvent y succomber.
Plutôt que cette négation de notre humanité, nous pouvons emprunter le chemin de l’honnêteté intellectuelle.
Plutôt que l’intolérance, la violence et la haine, nous pouvons choisir le respect d’autrui et le respect de ce que nous voulons être.
C’est en empruntant ce chemin de l’humanisme, de la tolérance, avec du cœur et du courage, que nous achèverons d’apaiser les cicatrices, sans rien oublier, pour transformer le temps des douleurs et parfois des supplices, en un temps de la réconciliation et de l’amitié. Tout simplement, en un temps de la vie”.
Seul le prononcé fait foi

Il a ensuite été procédé aux dépôts de gerbes auxquels les Élus du CMJ ont participé.
Pascal CHAUVIN, Maire de Trets, accompagné de Louise, Adrien et Aminata

Michel BOULAN, Maire de Châteauneuf-le-Rouge, accompagné de Rose et Livia

Béatrice BONFILLON-CHIAVASSA, Conseillère départementale, représentant Martine VASSAL Présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, accompagnée de Baptistine et Emmanuel

Anne-Laurence PETEL, Députée de la 14ème circonscription, accompagnée de Mailys et Nawelle


Après les dépôts de gerbes, l’hymne arménien puis la Marseillaise ont retenti.
La chanson “Ils sont tombés” de Charles AZNAVOUR, a été écoutée avec beaucoup de recueillement et toutes les personnes présentes ont déposé un œillet au pied du Monument aux Morts.

Gros succès et bel hommage pour la 1ère Fête de l’Agriculture de Trets

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Le nouveau Poste de Police Municipale a été inauguré

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Les jeunes majeurs ont reçu leur carte d’électeur

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Les grands-mères étaient à la fête !

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ESCANDIHADO – Un repas de Noël toujours très apprécié

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Cérémonies du 11 novembre 2021

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Belle rentrée pour les associations de Trets

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RENTRÉE 2021 – Les petits Tretsois ont repris le chemin de l’école

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