1ère Journée Nationale des ATSEM à Trets


Depuis 2016, les Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles (ATSEM) sont mises à l’honneur dans l’ensemble des communes de France à l’occasion d’une journée nationale.
Ce vendredi 26 mars 2021 est donc la 6ème Journée Nationale des ATSEM.
Cette année, et pour la première fois à Trets, elles ont été reçues mercredi 24 mars par le Maire, Pascal CHAUVIN, dans la Cour du Château des Remparts.
L’occasion pour Monsieur le Maire de les remercier pour leur travail, leur dévouement et leur implication au quotidien auprès des “petits” Tretsois.
Pour rappel, les ATSEM travaillent et interviennent au sein des écoles maternelles,
auprès de 3 niveaux, allant des plus petits à partir de 3 ans jusqu’aux grands de 5 ans.
Sur Trets, elles sont au nombre de 15, réparties dans les 3 écoles  communales : Les Colombes, Saint Anne et Saint Jean.
Il a tenu à préciser qu’il était important de marquer cette journée et de les recevoir pour leur exprimer sa reconnaissance particulière étant donné le contexte sanitaire qui a une incidence sur leurs conditions de travail depuis de longs mois.
Il a rappelé que le métier d’ATSEM fait partie intégrante de la communauté éducative avec les enseignants. Précisant également que la Municipalité reste attentive et à l’écoute de leurs besoins. Elle s’engage également à établir une équité salariale, et ce pour l’ensemble des agents de la collectivité.
Cette journée était également l’occasion de leur donner la parole. Deux d’entre elles se sont prêtées au jeu en répondant à quelques questions qui permettent d’en savoir un peu plus sur leur métier, leur conditions de travail et leurs souhaits pour l’avenir.

Interview de Nelly MANIFACIER (Maternelle Les Colombes) & Karine SKOTAREK (Maternelle Sainte Anne)

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Pourquoi ce choix de métier ?

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Nelly MANIFACIER

Karine SKOTAREK

Nelly MANIFACIER

“En 2001, j’ai une formation d’esthéticienne à la base. En 2001, je venais d’avoir ma fille et, travaillant dans la vente, je voulais me rapprocher de mon domicile et la Mairie cherchait des vacataires. C’est  ainsi que suis entrée en tant qu’agent dans les écoles, auprès des tout-petits (les 3 ans) et ça a été une révélation, un véritable coup de cœur. M’occuper des enfants, les réconforter m’a fait me sentir très utile”.

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Karine SKOTAREK

“Pour ma part, je travaillais dans la vente et j’ai souhaité faire un bilan de compétences qui m’a orientée vers la petite enfance. En 2012, j’ai passé mon CAP Petite Enfance et j’ai d’ailleurs fait mon stage à l’époque à Sainte Anne, où travaillait Nelly”.

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  • Quelles sont les qualités et les aptitudes requises pour être ATSEM ?
“Du côté de notre travail avec les enfants, les principales qualités sont la patience, la bienveillance, l’écoute et la disponibilité. On est là pour les enfants. En début d’année, la rentrée est souvent difficile pour les enfants de petite section. Même si certains sont allés en crèche et connaissent déjà la vie en collectivité, la séparation avec les parents et l’entrée à l’école restent un moment compliqué. Nous sommes là pour les rassurer et les accompagner au mieux. On est un peu comme une deuxième maman.
Nous avons une double casquette. On a ce côté relationnel avec les enfants, mais aussi la partie travail éducatif avec les enseignants. On nous appelle encore les « tatas » mais, aujourd’hui, notre métier a évolué et le volet éducatif est aussi très important dans notre métier”.
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  • Justement, comment a évolué le métier d’ATSEM sur les 20 dernières années ?
“Le volet éducatif de notre métier implique de trouver sa place avec l’enseignant au sein de la classe. Ce n’est pas toujours facile. Nous ne sommes pas enseignant, mais nous sommes complémentaires et il faut arriver à trouver le bon équilibre.
La charge de travail a changé sur les 20 dernières années. Il y a plus de mamans qui travaillent, donc plus d’enfants en garderie, en cantine et en classe l’après-midi.
Les effectifs des classes ont également fait évoluer notre métier. Nous avons connu des années avec des classes de 31, voire 32 élèves contre 24-25 enfants il y a une dizaine d’années.
Aujourd’hui, les ATSEM animent des ateliers en classe, avec des groupes d’enfants. Chose qu’elles ne faisaient pas à l’époque. C’est une part entière de l’apprentissage que nous prenons en charge.
Nous sommes également associées à toutes les réunions éducatives, les conseils de classes. Nous sommes aujourd’hui partie prenante de la vie de la classe”.
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  • Quelle est la journée type d’une ATSEM ?
“Nous arrivons dans l’établissement à 7h25. Certaines vont en garderie quand les autres prennent en charge le ménage des classes. Il y a ensuite un roulement dans la semaine.
A 8h20, nous accueillons les élèves dans la classe avec l’enseignant jusqu’à 8h40.
Nous faisons ensuite l’appel cantine.
Ensuite, nous passons en activité. Nous installons notre activité et l’enseignant fait de même pour son groupe. Il y un roulement sur plusieurs activités dont le sport.
Nous accompagnons également les enfants aux toilettes.
Lorsque les enfants sont en récréation, ils sont surveillés par les enseignants pendant que nous rangeons les ateliers et installons les suivants. Jusqu’à présent, nous étions également mobilisées sur la surveillance de la récréation mais, depuis le mois de septembre, les enseignants ont repris pleinement cette charge de travail qui leur incombe. Seules les ATSEM de l’Ecole Saint Jean sont encore aujourd’hui sollicitées pour la surveillance de la récréation, tout en devant ranger et installer les ateliers pour la suite.
Ensuite, il y a la pause méridienne de 11h20 à 13h20 avec deux services de cantine, suivis à 13h00 par la sieste des petits que nous gérons.
A 13h20, l’enseignant arrive pour prendre le relai de la sieste et de la classe pour les moyens et les grands.
Il est alors 13h20, l’heure de la première et seule pause de la journée.
Les premières ATSEM partent donc en pause à 13h20 pour 30 mn et après 6 heures de travail d’affilées. Les suivantes prennent leur pause à 13h50.
L’après-midi se déroule sur le même format que la matinée et jusqu’à 16h20.
Une partie des enfants quittent alors l’école avec leurs parents et nous prenons en charge ceux qui restent en garderie du soir jusqu’à 18h30.
Durant ce temps de garderie, nous nous relayons pour le nettoyage de nos classes respectives.
Ça représente 41 heures de travail par semaine et 9 semaines et demi de vacances dans l’année”.
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  • Quelles sont vos attentes en termes d’accompagnement et de formation ?
“Aujourd’hui, nous attendons une reconnaissance du statut d’ATSEM et notamment à travers la rémunération. Il faut se sacrifier pendant un an pour préparer le concours. Alors, le passer, oui, mais pour quoi au bout ?”
Nelly MANIFACIER : “Personnellement, je l’ai tenté à plusieurs reprises sans succès et, aujourd’hui, je suis toujours considérée comme agent d’entretien. Je pourrais donc aller travailler en élémentaire. Mais je ne veux pas aller travailler en élémentaire. J’aime mon métier et travailler avec les petits. Avoir le concours, c’est la sécurité de pourvoir continuer à faire le métier d’ATSEM.
Après, la préparation du concours demande de la disponibilité et engendre d’éventuelles absences, ce qui n’est pas forcément toujours évident car il est difficile de nous remplacer”.
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  • La Ville prévoit la signature d’une charte d’ici la rentrée 2021. Qu’en attendez-vous ?
“Cette charte va être un appui pour définir où commence la mission de l’ATSEM et où est-ce qu’elle se termine car il est souvent difficile pour nous de nous positionner”.

Les propos recueillis lors de cette interview et les craintes énoncées sont bien connus de la Municipalité.
Pascal CHAUVIN a alors présenté ses engagements, notamment, celui de rendre plus accessible le concours d’ATSEM. Il a demandé à ce que toutes celles qui souhaiteront s’engager à le passer puissent être accompagner personnellement dans leur démarche, précisant alors qu’en cas de réussite au concours, l’agent serait systématiquement nommé.
Le Maire souhaite également la mise en place d’un capital temps leur permettant de participer aux réunions avec la communauté éducative. En effet, les journées des ATSEM se déroulent sans pause, sur une large amplitude horaire et avec une charge de travail importante.
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Il a mis en avant la valorisation du rôle éducatif des ATSEM en s’engageant à faire connaître ce métier auprès du personnel de l’éducation nationale mais également auprès des agents de la commune, des parents et de tout autre acteur qui intervient auprès des jeunes enfants.
Enfin, il tient à définir chaque année un plan de formation adapté, indiquant que comme tout agent, les ATSEM ont le droit de suivre des formations tout au long de leur carrière.

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